Sébastien Méhal

Born in Martinique, lives and works in Paris

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Des visages et des lieux, des villes et des hommes, des routes qui parfois se croisent… l’œuvre de Sébastien Mehal est résolument planétaire. Il déplace les villes d’un continent à l’autre en suivant les flux monétaires : Miami est devenue la capitale de l’Amérique latine, Shanghai se retrouve en Afrique.

Il nous montre un monochrome jaune d’or : assise à sa fenêtre, une vieille dame regarde les barres de sa cité et voit la baie d’Alger flamboyer sous le soleil de la Méditerranée. Il peint le regard de l’étranger sur la ville inconnue qui s’offre à lui, mégapole aux multiples facettes où l’aventure de l’avenir peut commencer à chaque carrefour.

Sébastien Mehal est fier de peindre à la seringue. Les trajectoires, coulures de couleurs, électrons libres, sont des piqures de vérité injectées à la société de codes et de barres qui a envahi toute la planète.

Lélia Mordoch

Sébastien Mehal a fait de l’ampoule électrique une image centrale dans son œuvre. Placée au centre de monochromes scintillants, l’ampoule symbolise l’impact de la société actuelle en zone habitée. La notion de lumière, qu’elle soit artificielle, électrique ou celle qui irradie de la surface picturale, évoque la lumière mentale de l’être humain, sa capacité spirituelle à transcender la matière pure. Elle devient le symbole de ce qui nous anime, de notre énergie vitale.

L’ampoule reste un élément omniprésent dans le contexte urbain. Elle représente, pour l’artiste, le fondement réel et symbolique de la vie contemporaine. Les flux continus des rayons lumineux rappellent les flux importants des personnes, des véhicules et des idées qui circulent à grande vitesse dans les centres urbains à travers le monde. Grâce à la lumière électrique, les cadences de la vie ne sont plus sujettes aux saisons et au lever du jour mais rythmées de manière artificielle. Nous vivons dans une société potentiellement toujours en position « allumée ».

Ainsi, Sébastien Mehal nous propose une expérience presque corporelle de la couleur et de la lumière grâce aux vibrations sensorielles des surfaces

La question de la condition humaine en milieu urbain ?

Sébastien Mehal nous fait partager un univers singulier nourri d’une réflexion sur la vie en milieu urbain. Les œuvres se caractérisent par une esthétique minimaliste et mûrissent dans le regard du spectateur, révélant une complexité conceptuelle certaine. Le travail de l’artiste s’appuie également sur des plans de ville vus de haut, inspiré des maquettes de projets architecturaux.

Certaines de ses œuvres se caractérisent par l’utilisation de matériaux industriels comme support – structures graphiques en aluminium rappelant les échafaudages en construction urbaine – sur lesquels sont fixées des peintures et autres créations. L’artiste introduit aussi parfois, dans ses œuvres des matières nobles comme le bronze et le marbre.

Marqué, dans son histoire personnelle, par le phénomène de la ville et par les singularités de la vie urbaine – le rythme effréné, l’anonymat, les icônes visuelles, les codes sociaux – Sébastien Mehal y puise toute son inspiration. De la technique (la peinture singulière qu’il emploie est constituée de pigments de l’industrie automobile) jusqu’aux sujets traités (l’architecture, la communication, l’individu solitaire, l’expérience subjective), la vie moderne se situe au cœur de sa création. Sébastien Mehal propose, à travers une esthétique minimaliste, des réflexions sociologiques et psychologiques.

Les oeuvres les plus récentes de Sébastien Mehal se distinguent en outre par des éclaboussures de peintures liquides « injectées » à l’aide de grandes seringues industrielles ou médicales.

Les textures lisses d’avant cèdent à de subtils reliefs, capturant et réfléchissant la lumière et introduisant un effet de profondeur dans un travail de peinture auparavant entièrement plane. La surface picturale est autrement animée. Elle bénéficie d’une nouvelle « énergie ».

Le travail de Sébastien Mehal est présent aux foires majeures d’art contemporain (FIAC, Art Basel, Slick Art Fair et Art Paris), mais aussi dans des FRAC et Centre d’Art ainsi que dans quelques musées nationaux comme le MuseumsQuartier « Wien » en 2010.

Son travail est également soutenu par diverses fondations d’art.

Catherine JAFFEUX et Emilie JOULIA (Paris, 2013)

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